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Dr Rupa Narra, pédiatre au CTE de Kitatumba, suit scrupuleusement les étapes du déshabillage, à sa sortie de consultations de patients pédiatriques suspects. Août 2026 ©Lucie Ringué/MSF
Dr Rupa Narra, pédiatre au CTE de Kitatumba, suit scrupuleusement les étapes du déshabillage, à sa sortie de consultations de patients pédiatriques suspects. Août 2026 ©Lucie Ringué/MSF

Que faudrait-il faire pour mettre fin à cette épidémie d'Ebola?

La République démocratique du Congo (RDC) est actuellement confrontée à la plus grande et la plus meurtrière des épidémies d’Ebola de son histoire. Cette flambée épidémique sévit dans l’est de la RDC, dans un contexte de crise humanitaire qui dure depuis des décennies et qui se caractérise par des conflits, des violences, des déplacements de population, l’insécurité alimentaire et de multiples urgences sanitaires qui se cumulent. Ces conditions rendent beaucoup plus difficile la lutte contre cette épidémie, qui continue de se propager à un rythme alarmant. Plus de 8 000 cas d’Ebola ont été confirmés et au moins 3 900 personnes sont décédées des suites de la maladie. 

Pour arrêter la propagation d’Ebola, il est nécessaire de mener plusieurs actions coordonnées en même temps. La réponse doit notamment passer par l’identification des personnes suspectées d’être atteintes de la maladie, leur isolement dans des conditions de sécurité et leur transfert vers des structures de soins, la recherche des contacts susceptibles d’avoir été exposés. Elle doit également prévenir le risque de contamination dans les établissements de santé et au sein des communautés et impliquer une collaboration étroite avec les communautés touchées afin d’instaurer un climat de confiance, de partager des informations sur la maladie et d’encourager les personnes à se faire soigner au plus tôt.  

Se concentrer sur un seul élément ne suffit pas. Même si ces mesures peuvent s’avérer difficiles à mettre en œuvre, elles sont toutes indispensables et se complètent entre elles pour mettre fin à l’épidémie. 

Surveillance

La surveillance épidémiologique consiste à collecter, rassembler et analyser des données clés afin de comprendre l’évolution d’une épidémie et les zones de propagation de la maladie. Cette surveillance aide les équipes chargées de la gestion de l’épidémie à évaluer la vitesse de propagation et à identifier les zones où des mesures supplémentaires sont nécessaires pour l’endiguer. En suivant ces données dans le temps, les équipes de santé peuvent repérer les signes avant-coureurs d’une éventuelle propagation de l’épidémie vers de nouvelles zones, réagir plus rapidement et adapter leur intervention à l’évolution de la situation. Cela implique notamment de suivre les résultats des tests, les cas suspects et confirmés, ainsi que les personnes susceptibles d’avoir été exposées à la maladie par contact avec une personne infectée. 

Décès dans la communauté 

L’une des données clés à surveiller est le nombre de décès au sein de la communauté. Il s’agit des décès survenant à domicile ou en dehors des structures de santé concernant des personnes qui présentaient des symptômes correspondant à ceux de la maladie Ebola. Ces données sont importantes car elles peuvent indiquer l’apparition de nouveaux foyers d’infection. 

Les décès survenus au sein de la communauté peuvent également mettre en évidence des lacunes dans la réponse. Il se peut que les personnes ne reconnaissent pas les symptômes d’Ebola, qu’elles ne sachent pas quoi faire en cas d’apparition de ces symptômes, qu’elles ne consultent pas assez tôt ou qu’elles ne puissent pas se rendre dans une structure de santé. Au cours de l’épidémie actuelle, on estime que plus de 68 % des décès liés à Ebola en RDC sont des décès survenus au sein de la communauté, ce chiffre ayant atteint un pic de 75 % au cours de la première semaine de septembre. 

Les décès survenus au sein de la communauté sont également importants à surveiller, car toute personne ayant été en contact avec une personne décédée après l’apparition des symptômes, ainsi qu’avec le corps du défunt après le décès, peut avoir été exposée à la maladie et devra faire l’objet d’un suivi. 

Suivi des cas contacts 

Un autre aspect essentiel de la surveillance est le suivi des cas contacts. Il s’agit d’identifier toutes les personnes ayant été en contact étroit avec une personne atteinte d’Ebola – qu’elle soit en vie ou décédée – après l’apparition des premiers symptômes chez cette dernière. Les équipes MSF et les autres partenaires de la riposte peuvent alors les contacter, leur expliquer le risque qu’elles aient pu être infectées, leur indiquer les symptômes à surveiller et leur préciser ce qu’elles doivent faire si elles tombent malades. En identifiant rapidement les contacts et en les suivant pendant 21 jours – le délai pendant lequel les symptômes d’Ebola peuvent apparaître –, les équipes de santé peuvent détecter plus rapidement les nouveaux cas, isoler et traiter les patients plus tôt, et contribuer à réduire la propagation du virus. C’est ce qu’on appelle « briser la chaîne de transmission ». 

Cas contacts connus 

Les équipes de santé vérifient également combien de patients atteints d’Ebola confirmés avaient déjà été identifiés comme contacts avant de tomber malades. Cela permet d’évaluer l’efficacité du suivi de l’épidémie et de déterminer s’il existe des lacunes dans la réponse apportée. 

Avec l’épidémie actuelle d’Ebola, cela reste difficile. Certains patients peuvent se montrer réticents à communiquer les noms des personnes avec lesquelles ils ont été en contact, tandis que certains contacts peuvent ne pas être correctement identifiés, joignables ou faire l’objet d’un suivi régulier. Ces difficultés compliquent la tâche des équipes de santé pour maîtriser l’épidémie, car elles n’ont pas une compréhension complète de la façon dont la maladie se propage. 

Tests et diagnostics 

Pour comprendre comment l’épidémie se propage et y répondre rapidement autant qu’efficacement, les cas suspects, y compris les décès liés à une suspicion d’Ebola, doivent être confirmés dès que possible. 

Pour ce faire, les échantillons doivent être prélevés, transportés rapidement et analysés sans délai dans des laboratoires disposant de l’équipement adéquat. Cela nécessite un nombre suffisant de laboratoires, du personnel formé, du matériel et des équipements de protection, ainsi que des laboratoires situés suffisamment près des zones touchées, y compris dans les régions isolées, afin de réduire les délais de transport des échantillons et d’obtention des résultats des tests. 

Les laboratoires décentralisés et dotés de compétences solides permettent également d’améliorer les soins prodigués aux patients. Ils rendent possible l’admission et le traitement plus rapides des patients dont les tests sont positifs, ainsi que la sortie plus rapide de ceux dont les tests sont négatifs. Cela contribue également à libérer des lits dans les centres de traitement d’Ebola lorsque ceux-ci sont si nécessaires. 

Surveillance épidémique au sein des communautés 

Les communautés touchées jouent elles-mêmes un rôle essentiel dans la surveillance. Les membres de ces communautés sont souvent les premiers à repérer des cas potentiels ou des décès inhabituels et peuvent fournir des informations cruciales pour aider les équipes de santé à suivre l’épidémie et à identifier rapidement de nouvelles chaînes de transmission. C’est pourquoi les communautés doivent être pleinement associées aux efforts de veille par le biais de la surveillance communautaire. 

L'équipe de Jonathan regarde le cercueil quitter le centre. Malgré l'habitude dans leur travail, ils se savent en première ligne et sont conscient de l'importance de travailler dans un cadre le plus sécurisé possible. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF
L'équipe de Jonathan regarde le cercueil quitter le centre. Malgré l'habitude dans leur travail, ils se savent en première ligne et sont conscient de l'importance de travailler dans un cadre le plus sécurisé possible. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF

Prévention et lutte contre les infections

La prévention et le contrôle des infections (IPC) désignent les mesures mises en œuvre pour empêcher la propagation d’Ebola, en particulier au sein des structures de santé. Ebola se transmettant par contact avec des fluides corporels infectés, il est essentiel de prévenir toute exposition. Dans les centres de traitement et les hôpitaux, l’IPC intervient dès l’arrivée des patients : toute personne suspectée d’être atteinte d’Ebola est rapidement identifiée, séparée des autres et placée en isolement dans l’attente des résultats des tests. Les personnes dont le diagnostic d’Ebola a été confirmé sont ensuite prises en charge dans des zones dédiées afin de réduire le risque de transmission. 

Les mesures de prévention des infections reposent sur des protocoles stricts visant à protéger le personnel soignant et les autres patients. Le personnel porte un équipement de protection individuelle (PPE) complet pour lequel il a reçu une formation spécifique pour savoir comment l’enfiler et l’enlever en toute sécurité. L’IPC comprend également des mesures qui permettent des prélèvements sanguins, l’élimination prudente des aiguilles et des déchets contaminés, le nettoyage et la désinfection réguliers des lits et du matériel en toute sécurité. Des consignes claires définissent les déplacements des patients, du personnel, des proches et du matériel au sein de la structure. 

La maladie d’Ebola se transmet par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, tels que le sang, le vomi ou les selles. Si ces fluides entrent en contact avec une lésion cutanée ou avec les yeux, le nez ou la bouche, le virus peut pénétrer dans l’organisme. 

Dans les structures de santé, le personnel identifie rapidement les personnes présentant des symptômes caractéristiques d’Ebola et les isole des autres patients en attendant les résultats des tests. Idéalement, les personnes chez lesquelles on soupçonne une infection par le virus Ebola sont hospitalisées dans des chambres individuelles, disposant de préférence de leurs propres toilettes, afin de réduire le risque de contamination. Les patients dont le test s’avère positif sont ensuite transférés vers une zone réservée aux cas confirmés. Des circuits de déplacement clairs sont également définis pour les patients, les familles, le personnel et le matériel, toujours dans le but de réduire le risque de transmission. Les familles peuvent rendre visite à leurs proches, mais uniquement à une distance de sécurité et sans contact physique. 

Il est essentiel de protéger les membres du personnel médical. Ceux-ci portent un PPE complet, qui couvre la peau et protège les yeux, le nez et la bouche de potentiels contacts avec des liquides infectés. Le PPE n’est efficace que s’il est utilisé correctement. Le personnel est formé aux techniques d’habillage et de déshabillage en toute sécurité et s’entraîne à les mettre en pratique. Les membres du personnel travaillent en binôme afin de vérifier mutuellement qu’aucune erreur n’est commise. 

Les PPE tiennent extrêmement chaud et sont inconfortables, c’est pourquoi le temps passé dans les zones à haut risque est limité, environ une heure en RDC, et parfois à peine 20 minutes dans les climats plus chauds. Cela permet de réduire les erreurs dues à la chaleur, à la fatigue ou à un manque de concentration. 

L’IPC comprend également des mesures de sécurité courantes telles que le prélèvement sanguin en toute sécurité, l’élimination des aiguilles dans des conteneurs sécurisés, le nettoyage et la désinfection des lits et du matériel, ainsi que la manipulation prudente des déchets contaminés. 

Des équipes de décontamination se rendent au domicile d'une patiente soignée au centre de traitement Ebola d'Elikya. Son test de dépistage du virus Bundibugyo s'est révélé positif. Bunia, RDC, Juillet 2026 ©Julien
Des équipes de décontamination se rendent au domicile d'une patiente soignée au centre de traitement Ebola d'Elikya. Son test de dépistage du virus Bundibugyo s'est révélé positif. Bunia, RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF

Eau et assainissement

L’eau, l’assainissement et l’hygiène (parfois désignés par l’acronyme WASH ou WatSan) jouent un rôle important dans le cadre des efforts plus larges de prévention et de contrôle des infections (IPC), en contribuant à prévenir la propagation d’Ebola. 

Dans les centres de traitement Ebola (CTE), les équipes chargées de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène nettoient régulièrement les chambres, les lits, les toilettes, les sols et les espaces communs, car les fluides corporels peuvent être vecteurs du virus. Elles appliquent pour cela des procédures de nettoyage rigoureuses à base de savon, d’eau et de chlore. 

Cela signifie également veiller à ce qu’il y ait suffisamment d’eau pour le nettoyage, la lessive, la désinfection, le lavage des mains et l’évacuation des eaux usées en toute sécurité. Cela permet aux patients ayant survécu à Ebola de rentrer chez eux en toute sécurité, en s’assurant qu’ils puissent se laver, enfiler des vêtements propres et désinfecter leurs effets personnels avant de quitter le centre de traitement. Les équipes WASH nettoient également les ambulances et les domiciles des patients infectés et contribuent à organiser des enterrements sécurisés, car le corps d’une personne décédée d’Ebola peut encore transmettre la maladie. 

Les activités eau et assainissement s’inscrivent dans le cadre plus large de la prévention et du contrôle des infections (IPC) et visent également à réduire le risque d’infection. 

Au sein des centres de traitement d’Ebola (CTE), les équipes WASH veillent à la propreté et à la sécurité des surfaces et des espaces communs. Des dizaines d’hygiénistes travaillent sans relâche, nettoyant continuellement les chambres, les sols, les lits, les toilettes, les seaux et divers autres objets. Ce travail est essentiel, car les patients atteints d’Ebola vomissent souvent ou souffrent de diarrhées sanglantes — des fluides qui contiennent de grandes quantités du virus. 

Ce procédé de nettoyage suit des étapes rigoureuses et nécessite du savon et de l’eau, ainsi que des solutions chlorées. 

Garantir un approvisionnement en eau fiable est également au cœur des activités relatives à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Les CTE consomment généralement environ 300 litres d’eau par patient et par jour, principalement pour la lessive, le nettoyage et la désinfection. Des points de lavage des mains sont installés à des endroits stratégiques dans le CTE, la blanchisserie est gérée en toute sécurité et les eaux usées sont traitées de manière à prévenir toute contamination. Lorsque les patients se rétablissent et sont prêts à quitter le centre, ils se lavent minutieusement, enfilent des vêtements propres et leurs chaussures et leurs effets personnels sont désinfectés avant leur sortie. 

Le support en eau, assainissement et hygiène s’étend au-delà des centres de traitement. Des équipes spécialisées nettoient et désinfectent les ambulances après le transport d’un patient suspecté d’être atteint ou confirmé d’Ebola, ainsi que les domiciles des personnes infectées par le virus. Ces activités sont essentielles pour protéger les membres de la famille et instaurer un climat de confiance avec les communautés touchées. 

Les équipes assurent également des enterrements sécurisés. Une personne décédée d’Ebola reste hautement contagieuse. Les corps doivent être manipulés avec précaution, lavés et préparés par des équipes formées à cet effet, placés dans des sacs mortuaires étanches, puis enterrés de manière à empêcher tout contact avec les fluides corporels afin de protéger les proches et l’ensemble de la communauté. 

Ces sessions de sensibilisation constituent un espace d'échange où la communauté peut poser ses questions et s'assurer qu'on lui donne des réponses justes et claires. C'est aussi le moment de partager ses idées, requêtes pour solidifier ce lien de confiance. Nathanaël et ses équipes écoutent et notent les propositions de la population qui pourront plus tard être mise en place par MSF. Par exemple, organiser une visite du Centre de Traitement Ebola Elikya, afin d'enlever les doutes que la communauté peut avoir sur ce qu'il s'y passe quand un proche doit s'y rendre. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF
Ces sessions de sensibilisation constituent un espace d'échange où la communauté peut poser ses questions et s'assurer qu'on lui donne des réponses justes et claires. C'est aussi le moment de partager ses idées, requêtes pour solidifier ce lien de confiance. Nathanaël et ses équipes écoutent et notent les propositions de la population qui pourront plus tard être mise en place par MSF. Par exemple, organiser une visite du Centre de Traitement Ebola Elikya, afin d'enlever les doutes que la communauté peut avoir sur ce qu'il s'y passe quand un proche doit s'y rendre. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF

Engagement communautaire

Les communautés jouent un rôle crucial dans la lutte contre les épidémies d’Ebola. Travailler en partenariat avec les leaders communautaires permet de garantir la diffusion d’informations correctes sur la maladie au sein des communautés touchées. Cela aide également les personnes à adapter leur comportement afin d’assurer leur sécurité et celle de leur famille, et à se faire soigner en cas de besoin. Cela renforce également la confiance dans la réponse globale. 

La surveillance communautaire, c’est-à-dire la collecte d’informations par les membres de la communauté au sein même de celle-ci, est également essentielle pour nous permettre de comprendre comment l’épidémie se propage. 

Ebola est une maladie effrayante qui touche des familles et des communautés entières dans un contexte déjà marqué par les conflits, les déplacements de population, l’insécurité alimentaire et un accès très limité aux soins de santé. Depuis des années, pour se soigner, les gens sont contraints de se tourner vers des structures de santé privées ou religieuses ou encore vers des guérisseurs traditionnels.  

On peut comprendre que certaines personnes s’interrogent sur l’arrivée soudaine de ressources et l’attention internationale envers Ebola, alors que bon nombre de leurs besoins fondamentaux restent non couverts depuis des décennies. Cette peur, cette frustration et cette incertitude peuvent entraîner une méfiance à l’égard des organisations humanitaires et médicales. 

Dans le même temps, les femmes continuent d’accoucher, les enfants restent à vacciner et la population reste exposée à d’autres maladies, telles que le paludisme et le choléra. C’est pourquoi la prise en charge d’Ebola doit être intégrée à la réponse sanitaire globale en RDC, à la fois pour favoriser l’acceptation par les communautés et pour garantir que les autres besoins sanitaires urgents continuent d’être pris en compte. 

Pour lutter efficacement contre cette épidémie, il est essentiel que les habitants des zones touchées comprennent la maladie et participent activement à la riposte. Cela implique notamment de communiquer des informations dans le cadre d’activités de promotion de la santé auprès de différents groupes au sein de la communauté, tout en dialoguant avec eux afin de mieux cerner leurs pratiques locales, leurs croyances, leurs besoins et leurs attentes. 

L’engagement communautaire est un processus participatif qui met l’accent sur l’écoute des préoccupations et des retours d’expérience des personnes, sur la communication dans les deux sens et sur la collaboration. Écouter les membres de la communauté, y compris les patients, et prendre en compte leurs retours d’expérience et leurs préoccupations est essentiel pour instaurer la confiance et rendre la réponse plus efficace. 

Pour y parvenir, les équipes MSF travaillent en étroite collaboration avec les leaders locaux, notamment les associations de femmes, les chefs traditionnels et les associations de jeunes. Dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, les équipes de promotion de la santé MSF ont également collaboré avec les chauffeurs de motos-taxis, qui assurent l’essentiel des déplacements dans la région et jouent un rôle important dans la diffusion d’informations fiables ainsi que dans la protection de leur propre sécurité et de celle de leurs passagers. 

La surveillance communautaire et la recherche des cas contacts sont également essentielles pour identifier rapidement les personnes susceptibles d’avoir été infectées. Dans le cadre de la surveillance communautaire, les membres de la communauté contribuent à identifier et à signaler les cas potentiels d’Ebola ou d’autres risques liés à la santé au sein de leur communauté. En alertant rapidement les autorités sanitaires, ils aident les équipes médicales à détecter plus rapidement les nouveaux cas et à intervenir sans délai. 

Il existe d’autres activités menées au niveau communautaire qui peuvent également contribuer à assurer la sécurité des personnes et à instaurer un climat de confiance. Par exemple, dans certaines régions, des équipes désinfectent les logements des personnes dont le diagnostic d’Ebola a été confirmé et qui sont prises en charge dans des centres de traitement dédiés. Cela permet de réduire le risque de propagation et de protéger les autres membres de la famille.

 

Deux infirmières viennent voir Pierrette, patiente dont les résultats ont confirmé son infection au virus depuis plusieurs jours. Son état s'est nettement améliorée depuis sont arrivée au centre. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF
Deux infirmières viennent voir Pierrette, patiente dont les résultats ont confirmé son infection au virus depuis plusieurs jours. Son état s'est nettement améliorée depuis sont arrivée au centre. RDC, Juillet 2026 ©Julien Dewarichet/MSF

Soins aux patients

La prise en charge des patients est un élément essentiel de la lutte contre Ebola. Elle consiste à s’occuper des personnes atteintes de la maladie de manière sûre et respectueuse, afin de leur offrir les meilleures chances possibles de guérison tout en réduisant le risque de contamination d’autres personnes. 

Bien qu’il n’existe actuellement aucun traitement spécifique ni aucun vaccin contre le virus Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle, une prise en charge précoce peut néanmoins sauver des vies. Les patients peuvent bénéficier d’un traitement visant à soulager des symptômes tels que la douleur, la fièvre, les vomissements et la diarrhée, qui comprend notamment l’administration de solutions pour les hydrater, une alimentation adaptée, du repos et le traitement d’autres maladies, comme le paludisme. 

Les soins dispensés aux patients contribuent également à instaurer un climat de confiance. Lorsque les personnes savent que les centres de traitement offrent des soins sûrs et respectueux de leur dignité, elles sont plus susceptibles de demander de l’aide dès les premiers stades de la maladie. Cela permet aux équipes médicales de détecter les cas plus tôt, de commencer le traitement plus rapidement et de limiter la propagation de la maladie. 

Il est particulièrement important de rapprocher les soins des communautés touchées, notamment grâce à des centres d’isolement rattachés aux structures de santé existantes. Cela améliore l’accès aux soins, aide les familles à rester en contact et renforce en même temps d’autres services de santé essentiels. 

La prise en charge des patients est l’un des aspects les plus importants de la lutte contre la maladie d’Ebola. Elle consiste à s’occuper des personnes malades dans un environnement sûr, bienveillant et respectueux. Cela offre aux patients de meilleures chances de guérison tout en contribuant à prévenir la propagation de la maladie. 

Bien qu’il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin spécifique contre le virus de Bundibugyo, une prise en charge précoce peut sauver des vies. Lorsque les personnes atteintes de la maladie d’Ebola sont identifiées rapidement et transférées dans une structure où elles peuvent être prises en charge en toute sécurité, elles pourront bénéficier de soins pour soulager des symptômes tels que la douleur, la fièvre, la faiblesse, les vomissements et la diarrhée. Elles pourront disposer d’eau, de nourriture, se reposer et recevoir une prise en charge pour d’autres maladies telles que le paludisme. Même en l’absence de traitement spécifique, ce type de soins peut aider l’organisme à rester suffisamment fort pour lutter contre le virus. 

Prendre en charge les patients est également essentiel pour protéger les familles, le personnel de santé et les communautés. Lorsque les patients sont traités dans des structures adaptées et dotées de mesures de prévention et de contrôle des infections adéquates, le risque de transmission à d’autres personnes est réduit. 

Une prise en charge de qualité des patients contribue aussi à instaurer un climat de confiance. Lorsque les personnes ont le sentiment que les centres de traitement offrent des soins sûrs et respectueux de la dignité, elles sont plus susceptibles de demander de l’aide à un stade précoce de la maladie. Cela permet d’identifier plus facilement et plus rapidement les cas, de commencer le traitement plus tôt, de réduire la transmission et d’apaiser les craintes au sein de la communauté. 

Il est également essentiel de rapprocher les soins destinés aux malades d’Ebola des communautés touchées afin de renforcer la confiance et l’adhésion. MSF travaille avec les communautés pour intégrer des unités d’isolement Ebola au sein des structures de santé existantes, tout en renforçant les services de santé générale dans les zones touchées. Cela permet de rapprocher les soins pour Ebola du lieu de vie des patients, où les familles peuvent leur rendre visite, où les personnes peuvent se faire dépister et où un traitement de soutien peut être mis en place rapidement, avant même qu’un patient ne soit transféré vers un centre de traitement d’Ebola. Cela permet également de répondre à d’autres besoins de santé prioritaires dans la communauté, au-delà des soins liés à Ebola. 

Pour toutes ces raisons, la prise en charge des patients est un élément clé de la lutte contre Ebola. Elle permet de sauver des vies, contribue à limiter la propagation de la maladie, protège les professionnels de santé et les communautés, et montre aux populations que la réponse sanitaire est là pour leur venir en aide.