Afrique du Sud: MSF étend son aide humanitaire à Nyamapanda en soutien aux Malawiens
Des milliers de migrants ont quitté l’Afrique du Sud à la suite de violences ciblées perpétrées par des groupes hostiles aux migrants, après l’échéance non officielle du 30 juin fixée par certains de ces groupes exigeant le départ des sans-papiers. La pression ne retombe pas, ces groupes poursuivant leurs campagnes visant à expulser les migrants du pays.
Au Zimbabwe, le dispositif d’urgence mis en place par Médecins Sans Frontières (MSF) pour répondre à la situation migratoire s’est étendu au-delà de Beitbridge pour couvrir Nyamapanda, un poste-frontière du nord-est du pays reliant le Zimbabwe au Mozambique et constituant un point de transit majeur pour les personnes en route vers le Malawi.
Cette extension est intervenue un mois après le début de l’intervention de MSF auprès des personnes arrivant au centre d’accueil de Beitbridge, où l’organisation répondait initialement aux besoins humanitaires et médicaux des personnes rentrant au Zimbabwe. Face à l’évolution des flux migratoires, MSF a élargi son action à Nyamapanda afin de venir en aide aux ressortissants malawites traversant le Zimbabwe pour regagner leur pays via ce poste-frontière.
« Bon nombre des personnes arrivant à Nyamapanda sont épuisées et très éprouvées après un périple long et difficile ; certaines souffrent de traumatismes psychologiques. Nous prenons également en charge des personnes atteintes de maladies chroniques, comme l’hypertension et le diabète, ou souffrant d’affections cutanées. Notre présence ici nous permet d’apporter un soutien immédiat, tant physique qu’émotionnel, de soigner les malades et de veiller à la continuité de leur prise en charge. Tout aussi important : un repas chaud, de l’eau et un lieu sûr pour se reposer garantissent que ces personnes sont traitées avec dignité », a déclaré Hebert Mutubuki, coordinateur des urgences pour MSF.
« Atteindre la frontière ne signifie pas nécessairement arriver à destination. Certains Malawiens parcourent de longues distances avant d'arriver à Nyamapanda. Lorsqu'ils atteignent le poste-frontière en fin de journée, il arrive que le passage soit déjà fermé pour la nuit, les obligeant à attendre le lendemain pour poursuivre leur route. Pour des personnes ayant parfois déjà voyagé pendant plusieurs jours, cela engendre des difficultés supplémentaires, notamment pour trouver un endroit sûr où dormir et accéder à l'eau, à des installations sanitaires et à de la nourriture. »
Hebert Mutubuki, coordinateur des urgences pour MSF
Pour répondre à certains de ces besoins immédiats, MSF a mis en place un centre d’accueil temporaire à Nyamapanda. Cette structure offre aux personnes un lieu pour passer la nuit, un accès à des installations pour se laver et un repas, en attendant de pouvoir poursuivre leur voyage vers le Malawi.
Plus de 80 000 Malawiens sont passés par le centre d’accueil de Nyamapanda, ce qui témoigne de l’ampleur des flux migratoires à ce point de passage frontalier et des besoins humanitaires pouvant survenir le long de l’itinéraire.
MSF a également mis en œuvre des interventions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) au sein du centre d’accueil temporaire. Celles-ci comprennent notamment la construction de latrines et d’aires de lavage, contribuant ainsi à améliorer les conditions d’hygiène pour les personnes transitant par le site.
Des travaux de réhabilitation ont par ailleurs permis d’améliorer les infrastructures du centre. Ces interventions ont porté sur la remise en état et l’amélioration des raccordements au réseau d’eau, la rénovation des installations de la clinique ainsi que la réalisation d’autres travaux complémentaires visant à renforcer la capacité de la structure à fournir des services humanitaires et de santé de base.
Au cours des deux derniers mois, les équipes de MSF ont répondu à des besoins urgents en matière de santé, de protection et de dignité dans les provinces du Gauteng, du KwaZulu-Natal et du Cap-Occidental, ainsi que dans les villes frontalières de Musina et Beitbridge, situées à la frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe.