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Sabrin Ahmed est arrivée à l'hôpital régional de Mudug à Galkayo avec son enfant malade après douze heures de route. Son enfant avait 11 mois. L’enfant était alors malade depuis 12 jours et toutes les tentatives pour obtenir un traitement plus près de chez lui avaient échoué. Sabrin venait d'Abudwak, à environ 270 kilomètres de là. Somalie, Septembre 2026 ©Mohamed Adirahman/MSF
Sabrin Ahmed est arrivée à l'hôpital régional de Mudug à Galkayo avec son enfant malade après douze heures de route. Son enfant avait 11 mois. L’enfant était alors malade depuis 12 jours et toutes les tentatives pour obtenir un traitement plus près de chez lui avaient échoué. Sabrin venait d'Abudwak, à environ 270 kilomètres de là. Somalie, Septembre 2026 ©Mohamed Adirahman/MSF

Somalie : Les enfants atteints de malnutrition arrivent trop tard à l'Hôpital

MSF appelle au rétablissement des soins contre la malnutrition dans toute la région de Mudug

Alors que les services de santé et de nutrition ferment dans la région de Mudug, au centre de la Somalie, et que les enfants arrivent à l’hôpital dans un état critique après l’échec des traitements plus proches de chez eux, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les donateurs, les agences des Nations Unies et les autorités sanitaires à rétablir et à intensifier les traitements nutritionnels au niveau des soins de santé primaires dans toute la région.

Un service de malnutrition qui fonctionne au delà de ses capacités

Le service de malnutrition pour patients hospitalisés que MSF soutient à l’hôpital régional de Mudug à Galkayo dispose de 28 lits. Depuis début avril 2026, elle dépasse cette capacité. En raison de l’énorme besoin de soins, l’équipe a continué à admettre des enfants malgré le fait que le service était plein et, à son apogée fin mai, près de deux fois plus d’enfants y étaient soignés. Entre janvier et juillet, MSF a hospitalisé 1 389 enfants pour traitement de malnutrition aiguë et de complications médicales, dont 809 sévèrement malnutris. Entre mai et juillet, 1 322 enfants ont été admis en traitement ambulatoire contre la malnutrition, contre 788 au cours des mêmes trois mois en 2025, soit une augmentation de près de 60 pour cent.

Un manque d'accès au soins

Les personnes qui s’occupent de la plupart de ces enfants ont d’abord cherché à les faire soigner ailleurs. Sur les onze enfants admis au cours d’une semaine de juin, dix s’étaient déjà rendus dans un établissement de santé plus proche de chez eux. Leurs accompagnants les ont conduits à l’hôpital soutenu par MSF parce qu’il n’y avait ni médicaments ni lait thérapeutique, ou parce que l’état de l’enfant ne s’améliorait pas.

Sabrin Ahmed a fait 12 heures de route depuis Abudwak, située à environ 270 kilomètres de là, après qu’un médecin d’un hôpital local lui a dit qu’il ne pouvait pas soigner son enfant de 11 mois et qu’elle a appris que la ville était en rupture de stock du lait thérapeutique dont l’enfant avait besoin.

« Lorsque ces enfants arrivent jusqu’à nous, ils ne sont pas seulement malnutris. Ils souffrent aussi de pneumonie, de rougeole ou de diphtérie, des affections bien plus difficiles à traiter et qui augmentent le risque de décès », explique Emmanuel Omale, coordinateur de projet pour MSF en Somalie. « S’ils arrivent tard, ce n’est pas parce que leurs familles ont attendu. C’est parce qu’il n’y avait plus rien de disponible près de chez eux. Le service d’hospitalisation constitue le dernier maillon d’une chaîne. Il ne peut se substituer au reste du dispositif, et il est déjà saturé. »

Un manque de financements

Le plan de réponse humanitaire pour la Somalie a été ramené à 852 millions de dollars américains pour 2026 et, en juillet, il était financé à moins d’un tiers, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Parallèlement, le Programme alimentaire mondial a réduit l’aide alimentaire d’urgence, passant de plus de deux millions de bénéficiaires à un peu plus de 600 000, et plus de 70 structures de santé ont fermé leurs portes au Puntland — l’un des États fédérés de Somalie, qui couvre la partie nord de la région de Mudug. Les précipitations sont restées bien inférieures à la moyenne dans toute la région de Mudug tout au long de l’année 2026 ; les familles de pasteurs se sont déplacées à la recherche d’eau et de pâturages, s’éloignant ainsi des structures de santé encore en activité.

MSF appelle les bailleurs de fonds, les agences des Nations unies et les autorités sanitaires à rétablir et à renforcer les services de traitement nutritionnel au niveau des soins de santé primaires dans toute la région de Mudug. Cela implique la mise en place de services fonctionnels de traitement de la malnutrition aiguë (en hospitalisation et en ambulatoire) à proximité du lieu de vie des familles, ainsi qu’un approvisionnement ininterrompu en aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et en médicaments essentiels nécessaires à ces soins. Une prise en charge précoce de la malnutrition aiguë, au sein même de leur district, permet aux enfants d’éviter une aggravation de leur état de santé et une hospitalisation.

 

MSF continuera d’admettre et de soigner tout enfant souffrant de malnutrition aiguë se présentant à l’hôpital régional de Mudug et cherchera sans relâche des moyens d’augmenter ses capacités d’accueil. Toutefois, un service d’urgence ne saurait se substituer à un système de santé ; l’état de gravité des enfants qui arrivent actuellement témoigne de l’ampleur de l’accès aux soins déjà perdu.

Halima Hassan Hussein a donné naissance à son fils à l'hôpital régional de Mudug. Cette année, elle l'a ramené dans ce même établissement ; il était trop faible pour se tenir assis et ne s'alimentait plus. Elle s'était d'abord rendue dans deux autres structures, mais toutes deux avaient fermé. Somalie, Septembre 2026 ©Mohamed Abdirahman/MSF
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