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Des lésions se forment dans les plis cutanés. Cela entraîne des difficultés de mouvement chez ces enfants : ils se recroquevillent en boule et ne bougent plus du tout. Par conséquent, un accompagnement en kinésithérapie est nécessaire pour favoriser leur développement psychomoteur. Katsina, Nigéria, juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF
Des lésions se forment dans les plis cutanés. Cela entraîne des difficultés de mouvement chez ces enfants : ils se recroquevillent en boule et ne bougent plus du tout. Par conséquent, un accompagnement en kinésithérapie est nécessaire pour favoriser leur développement psychomoteur. Katsina, Nigéria, juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF

Nigéria : à Katsina, les progrès dans la lutte contre la malnutrition doivent être soutenus et amplifiés

Alors que l’année 2025 avait été marquée par un nombre rarement égalé d’admissions d’enfants malnutris dans les centres gérés par MSF au nord du Nigeria, ce nombre a légèrement diminué sur les huit premiers mois de 2026 dans l’Etat de Katsina, où MSF gère son plus gros projet de lutte contre la malnutrition. La crise nutritionnelle dans la région reste tout de même très inquiétante et seule une mobilisation financière durable et d’envergure, impliquant les autorités nigérianes et locales, les bailleurs de fonds internationaux et les partenaires humanitaires permettrait d’endiguer cette situation chronique qui est impliquée dans la mort de milliers d’enfants tous les ans. 

Entre janvier et août 2026 plus de 87 000 enfants souffrant de malnutrition aigüe ont été pris en charge par les équipes de MSF dans les quatre centres de traitement ambulatoire de l’Etat de Katsina. « C’est moins qu’en 2025 où nous avions apporté des soins à plus de 95 000 enfants sur la même période, mais ce nombre reste énorme et est même supérieur à ce que nous avions connu il y a deux ans », explique le docteur Raphael Kananga, coordinateur médical de MSF au Nigeria.  

Pour le traitement du kwashiorkor, on commence par corriger l'hypoglycémie et l'hypothermie, et par assurer une prise en charge adéquate de l'hydratation en cas de choc. On passe ensuite à la phase d'alimentation : en débutant avec le lait thérapeutique F75, puis en effectuant la transition vers le lait thérapeutique F100 une fois que les œdèmes ont régressé. Katsina, Nigéria, juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF
Pour le traitement du kwashiorkor, on commence par corriger l'hypoglycémie et l'hypothermie, et par assurer une prise en charge adéquate de l'hydratation en cas de choc. On passe ensuite à la phase d'alimentation : en débutant avec le lait thérapeutique F75, puis en effectuant la transition vers le lait thérapeutique F100 une fois que les œdèmes ont régressé. Katsina, Nigéria, juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF

Moins d’enfants ont toutefois été reçus dans des états graves ou compliqués nécessitant une hospitalisation. Ils étaient près de 15 500 contre un peu plus de 16 500 en 2025. Mais là encore ce chiffre demeure critique.  

Une caractéristique notable de cette région du Nigeria est le nombre élevé d’enfants atteints de kwashiorkor, une forme grave de malnutrition dont les causes restent inconnues et qui se manifeste notamment par le gonflement du corps des enfants et le déchirement de leur peau. En réponse à ce phénomène, une unité de soins spéciale a été ouverte cette année par MSF au centre d’hospitalisation de Katsina.  

« Je ne pensais pas que c’était de la malnutrition. Ce genre de choses est difficile à identifier », explique – Badiyya Shafi’u, la mère d’un enfant atteint de cette forme de malnutrition et soigné par MSF dans la ville. « Avant, il ne pouvait même pas s’asseoir tout seul. Si on l’aidait à s’asseoir, il ne tenait pas assis et se rallongeait aussitôt. Mais maintenant, je constate une amélioration, car il arrive à s’asseoir tout seul. Quand on l’aide à se lever, il se tient debout, et il essaie même de recommencer à marcher ». 

La crise nutritionnelle qui persiste dans le nord du Nigéria depuis de nombreuses années est alimentée par plusieurs facteurs : la pauvretéqui est renforcée par plusieurs années consécutives d’inflation, les conflits et l’insécurité causés par le banditisme armé ou les groupes jihadistes et qui entrainent notamment des déplacements de population et perturbent la production agricole, mais aussi par des épidémies et des phénomènes climatiques extrêmes comme les sécheresses ou les inondations.  

En 2025, dans l’état de Katsina, les meilleures conditions de sécurité et de récoltes, ont permis l’amélioration de la situation nutritionnelle constatée cette année.  

« Beaucoup de personnes déplacées des zones gouvernementales de Jibia ou de Batsari, en raison de l’insécurité, vivaient par exemple dans les localités de Katsina, Mashi et Mani. Elles ont pu retourner chez elles depuis l’an dernier et ont recommencé à cultiver et à accéder plus facilement à de la nourriture et on les voit donc moins dans nos centres de traitement », explique Jean-Clément ISHIMWE, coordinateur des partenariats pour MSF.  

Les alertes répétées de MSF concernant la situation nutritionnelle extrêmement grave observée dans les structures où nous intervenions en 2025 ont également contribué à la prise de conscience accrue autour de la crise en cours. En 2026, de nouvelles organisations humanitaires sont arrivées dans la zone et le gouvernement de l’Etat a ouvert des centres de prise en charge de la malnutrition supplémentaires durant plusieurs mois. Nos équipes ont organisé le renforcement des compétences des personnels de santé de ces centres qui ont également permis de diminuer le nombre d’enfants nécessitant une hospitalisation, en amont de la période de pic.  

Distribution de Plumpy'nut. Katsina, Nigéria, Juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF
Distribution de Plumpy'nut. Katsina, Nigéria, Juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF

« Des engagements forts ont été pris par l’Etat de Katsina, comme celui de débloquer un milliard de nairas [672 000€] pour lutter contre la malnutrition, soit deux fois plus que l’an dernier, notamment via l’achat d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi qui sont indispensables au traitement des enfants malnutris. L’UNICEF a promis de mobiliser cette même somme via son Child Nutrition Fund. Si ces engagements sont tenus, cela constitue un signe encourageant qui doit être soutenu et amplifié, non seulement dans l’Etat de Katsina mais dans tout le nord du pays » ajoute Jean-Clément ISHIMWE. 

« La saison des pluies peut rendre la situation encore plus difficile lorsque les sources d’eau ne sont pas suffisamment protégées et que les infrastructures d’assainissement sont limitées », poursuit Dr. Materne. « Il faut agir maintenant pour réduire les risques, renforcer l’accès à l’eau potable et rapprocher les services de santé des communautés qui en ont besoin. » 

Selon l'UNICEF, 12,2 millions d'enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Toutefois, ce chiffre est probablement sous-estimé, le nombre réel étant estimé à plus de 20 millions. À la fois cause et conséquence de plusieurs maladies, la sous-nutrition contribue à près de la moitié des décès d'enfants de moins de cinq ans. Cela représente plus de 6 000 décès par jour. Juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF
Selon l'UNICEF, 12,2 millions d'enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Toutefois, ce chiffre est probablement sous-estimé, le nombre réel étant estimé à plus de 20 millions. À la fois cause et conséquence de plusieurs maladies, la sous-nutrition contribue à près de la moitié des décès d'enfants de moins de cinq ans. Cela représente plus de 6 000 décès par jour. Juin 2026 ©Abba Adamu Musa/MSF

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