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Installation d'eau endommagée sous le réservoir du village suite à une attaque israélienne. Yater, Sud-Liban.
Installation d'eau endommagée sous le réservoir du village suite à une attaque israélienne. Yater, Sud-Liban, août 2026 ©MSF

L'eau est vitale: les habitants du Sud-Liban ne doivent pas être punis.

Sans eau, il n’y a pas de retour possible. Dans tout le Sud-Liban, l’armée israélienne a endommagé et détruit les infrastructures d’eau et continue de le faire, empêchant ainsi des familles de reconstruire leur vie et transformant un besoin humain fondamental en un obstacle à la reconstruction.

Depuis mars, les attaques israéliennes contre le Sud-Liban ont semé la désolation, aggravant les dégâts et les difficultés engendrés par l’escalade de septembre 2024. Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis la mi-avril, les attaques se poursuivent et plusieurs villages le long de la frontière sud sont devenus inaccessibles, car situés en zones occupées par l’armée israélienne. Ils sont désormais désertés. À proximité, une seconde ligne de villages dévastés abrite des familles qui, malgré d’immenses difficultés, ont pris la difficile décision de rentrer chez elles.

« Lors de nos déplacements dans les villages du sud du Liban, une question revient sans cesse : avant même de s’enquérir des soins de santé, de l’éducation ou du logement, les gens demandent de l’eau », explique Charlene Silvin, coordinatrice de projet MSF au Liban.

Des attaques systématiques

Les équipes de MSF ont visité nombre de ces communautés et ont constaté les dégâts de leurs propres yeux. Dans chaque village, le même scénario se répète : les attaques israéliennes, directes et indirectes, ont endommagé des bâtiments historiques, des lieux de culte, des centres de santé, des habitations et des infrastructures essentielles. Les réseaux d’eau et d’électricité ont été particulièrement touchés. Partout où MSF s’est rendue, les panneaux solaires alimentant les infrastructures d’eau ont été touchés ou endommagés, perturbant ainsi les systèmes dont les communautés dépendent au quotidien.

Réservoirs d'eau et installations endommagés et détruits suite à une attaque israélienne à proximité. Yater, Sud-Liban.
Réservoirs d'eau et installations endommagés et détruits suite à une attaque israélienne à proximité. Yater, Sud-Liban, août 2026 ©MSF

Ce schéma alarmant révèle une tentative récurrente de sabotage et de destruction des infrastructures dont dépendent les communautés pour accéder à l’eau, un besoin fondamental.

Le plus frappant est que les dégâts ne se limitent pas à une seule infrastructure. Ils affectent l’ensemble de l’écosystème hydrique. Puits, pompes, unités de filtration, réservoirs, générateurs, canalisations et systèmes solaires sont tous touchés. La destruction d’un seul élément entraîne l’arrêt complet du système, privant les populations d’un accès fiable à cette ressource indispensable à leur survie et à leur rétablissement.

Ces dégâts ont des conséquences sur la vie quotidienne, la santé, la dignité et la capacité des populations à rester ou à retourner dans leurs communautés.

Des conséquences sur les moyens de subsistance

Les conséquences s’étendent bien au-delà des infrastructures. L’eau n’est pas seulement nécessaire pour boire. Elle est essentielle pour la cuisine, la lessive, l’hygiène et tous les aspects de la vie quotidienne. Elle est également cruciale pour l’agriculture, qui reste le principal moyen de subsistance de nombreuses familles du sud du Liban. Lorsque les systèmes d’approvisionnement en eau tombent en panne, les ménages et les économies locales en souffrent.

À Yater par exemple, le réservoir d’eau communautaire a été directement touché et endommagé de manière irréparable. Pour garantir que les gens puissent toujours accéder à l’eau, les équipes MSF ont fourni des réservoirs de stockage temporaires en plastique pendant qu’une solution à plus long terme est développée. Alors qu’à Froun, le réservoir étant endommagé de manière irréparable, les équipes ont réparé l’unité de filtration d’eau et l’ont connectée directement à la source d’eau, contournant ainsi l’infrastructure endommagée.

« Lorsque je discute avec les habitants de retour chez eux, une question difficile revient sans cesse. Ces attaques répétées ont causé d’importants dégâts aux sources d’eau et à d’autres infrastructures vitales. Elles constituent un obstacle majeur pour ceux qui souhaitent rentrer chez eux et reconstruire leur vie. Ils se demandent : pourquoi cela arrive-t-il ? C’est forcément intentionnel », explique Charlène.

Cette question est légitime. Lorsque plusieurs communautés sont privées d’eau, les conséquences se font sentir bien au-delà de l’accès à l’eau. Ce manque d’accès compromet également les moyens de subsistance, notamment pour les familles qui dépendent de l’agriculture et de la terre pour survivre.

Une chose est sûre : le rétablissement des systèmes d’approvisionnement en eau est une nécessité fondamentale. Or, la présence d’organisations capables de soutenir les populations vivant à proximité de la zone dite de sécurité est très limitée. Les efforts déployés par MSF sont importants, mais insuffisants. L’ampleur des besoins dépasse largement les capacités actuelles. On ne peut attendre des organisations humanitaires qu’elles réparent sans cesse des infrastructures essentielles susceptibles d’être à nouveau attaquées et détruites.

Dans tout le Sud-Liban, la population continue de marteler un message clair : sans eau, il est impossible de retrouver une vie normale. L’eau, c’est la dignité, les moyens de subsistance et la reconstruction. Surtout, l’eau, c’est un droit vital et fondamental qu’Israël se doit de respecter. Ces attaques répétées doivent cesser. Les populations doivent pouvoir rentrer chez elles, reconstruire leurs moyens de subsistance, leurs vies et leur dignité.

Yater, Sud-Liban: le réservoir d'eau du village a été directement touché et endommagé de manière irréparable.