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The Atlantic ocean deadly boat crossing on 18 July 2026 lead to suvival of only 38 people out of 190 who attempted the crossing. Suvivors suffered physical and psychological trauma as well as hypothermia.

MSF profondément choquée après avoir été témoin de la récente traversée fatale sur la route migratoire de l’Atlantique 

Nouadhibou, Mauritanie, 22 juillet 2026 — Médecins Sans Frontières (MSF) est profondément alarmée par un incident meurtrier survenu sur la route migratoire de l’Atlantique, à la suite du débarquement à Nouadhibou de survivants d’une embarcation qui aurait quitté la Gambie en direction des îles Canaries. 

Selon les premiers témoignages recueillis auprès des survivants, environ 190 personnes se trouvaient à bord de l’embarcation. Après 25 jours en mer, seules 38 personnes ont survécu. Les survivants ont d’abord été assistés par des pêcheurs, puis par le garde-côte mauritanien, avant d’être amenés auprès de la Croissant Rouge Mauritanien, qui a sollicité l’appui de MSF. 

Il s’agit de l’un des débarquements les plus meurtriers auxquels les équipes de MSF ont assisté en Mauritanie depuis le début de l’année 2026. Cet événement rappelle brutalement les dangers extrêmes auxquels sont confrontées les personnes qui tentent d’emprunter la route de l’Atlantique, où les traversées sont souvent longues, périlleuses et marquées par des risques de naufrage, de déshydratation, de violences, de traumatismes psychologiques sévères et surtout de pertes en vies humaines. 

Au cours des dernières semaines, les équipes de MSF à Nouadhibou ont appuyé trois interventions de débarquement, les 14 et 18 juillet, assistant au total 387 personnes. Les équipes de MSF ont réalisé 66 consultations médicales et référé 9 personnes vers des structures de santé spécialisées à Nouadhibou. Pour la seule journée du 18 juillet, MSF est intervenue lors de deux débarquements successifs entre minuit et 19 heures, dont l’un faisait suite à l’incident meurtrier impliquant une embarcation partie de Gambie. Les personnes qui sont arrivées sur le rivage souffraient des chocs et psychoses post traumatique, fractures osseuses, lésions traumatiques et hypothermie. 

Les survivants ont décrit des conditions terrifiantes en mer ainsi que la perte de proches et d’autres passagers pendant la traversée. Les équipes de MSF ont observé une détresse psychologique aiguë chez les survivants. La gravité des témoignages et l’ampleur des pertes en vie humaine, ont également eu un impact psychologique important sur les équipes impliquées dans la réponse.

« Ce que nos équipes ont vu à Nouadhibou est profondément choquant. Des personnes sont arrivées après des semaines passées en mer, épuisées, traumatisées et endeuillées par la perte de proches et d’autres passagers qui n’ont pas survécu à la traversée. L’une des 38 survivantes prises en charge par MSF a déclaré avoir vu sa sœur mourir sous ses yeux. Personne ne devrait avoir à endurer une telle souffrance alors qu’il/elle est en quête de sécurité ou de dignité » relate Fouzia Bara, responsable du programme migration MSF. 

La route migratoire de l’Atlantique est devenue l’une des plus meurtrières au monde. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, près de 10 000 personnes ont été déclarées mortes ou disparues en tentant la traversée de l’Atlantique en 2024, et près de 2 000 en 2025. Il est très probable que le nombre réel de personnes décédées soit supérieur aux chiffres rapportés, car toutes les traversées en mer ne sont pas signalées ni ne donnent lieu à des sauvetages. Bien que les arrivées aux îles Canaries aient diminué cette année, les risques demeurent extrêmes. Selon le HCR, les arrivées dans l’archipel espagnol ont réduit de 61 % par rapport à 2025, avec 4 400 arrivées enregistrées au 15 juillet. Pourtant, les incidents récents soulignent les dangers persistants auxquels sont confrontés les réfugiés et les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe, dont beaucoup partent de points situés à plus de 2 000 kilomètres de la destination prévue. 

Sénégal : une équipe de MSF dispense des soins médicaux après le débarquement

MSF a démarré son projet ‘’Migrations Atlantique’’ en Mauritanie à la suite de l’augmentation des tragédies en mer. À Nouadhibou, MSF a commencé à fournir une assistance directe lors des débarquements et interceptions en décembre 2024, avant de renforcer sa réponse avec l’ouverture du Centre d’Accueil de Soins et d’Assistance — CASA en avril 2025. Ce centre vient en aide aux personnes les plus vulnérables, qu’elles soient migrantes, en transit ou d’origine mauritanienne. 

MSF appelle à des mesures urgentes pour prévenir de nouveaux décès sur la route de l’Atlantique. Les dispositifs de recherche et de sauvetage doivent être renforcés, dotés de ressources adéquates et en mesure de répondre efficacement aux besoins des personnes en détresse en mer. Dans le même temps, des voies sûres et légales sont nécessaires afin de réduire les risques que les personnes sont contraintes de prendre lorsqu’elles recherchent protection, sécurité ou un avenir meilleur. 

« La mort de ces hommes, femmes et enfants ne doit pas être accueillie dans le silence. MSF appelle les gouvernements et les autorités concernées à placer la préservation de la vie humaine au cœur de leurs politiques migratoires, à renforcer les capacités de recherche et de sauvetage, et à garantir qu’aucune personne en détresse en mer ne soit laissée sans assistance », souligne Fouzia Bara. 

MSF exhorte les gouvernements des pays situés le long de la route migratoire, les États européens ainsi que les acteurs régionaux et internationaux à travailler collectivement pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines. Sauver des vies en mer et garantir une assistance humaine et digne aux survivants doivent constituer une priorité immédiate.

© Médecins Sans Frontières