1 000 migrants en détresse débarquent sur les côtes ouest-africaines.
Dakar, le 4 septembre 2026 – Au total, 1 046 personnes ayant survécu aux traversées en bateau sur la route migratoire de l’Atlantique ont débarqué dans des conditions vulnérables la dernière semaine d’août dans trois villes d’Afrique de l’Ouest : Nouadhibou en Mauritanie, et Rosso et Dakar au Sénégal.
Une des plus longues routes migratoires au monde
Les survivants se trouvaient à bord de sept bateaux en détresse partis de Gambie et se dirigeant vers les îles Canaries dans l’océan Atlantique – l’une des plus longues routes migratoires au monde – avant de se retrouver bloqués en mer. Ils ont été secourus et ramenés à terre, où les équipes médicales de Médecins Sans Frontières (MSF) leur ont apporté un soutien médical d’urgence en collaboration avec le Croissant-Rouge mauritanien à Nouadhibou et avec l’Organisation internationale pour les migrations à Rosso et Dakar.
Ils souffraient de divers problèmes de santé, notamment de déshydratation extrême, de perte de conscience, de fractures, d’une fatigue extrême et d’infections cutanées, gastriques et respiratoires, conséquences de leur long séjour en mer. Parmi eux, 134 femmes, dont une enceinte, et 88 mineurs nécessitant une protection.
Fuir la violence
La plupart des rescapés étaient originaires du Sénégal et de Gambie ; d’autres venaient du Mali, de Guinée, de Côte d’Ivoire et d’autres pays. Nombre d’entre eux ont confié à notre équipe avoir subi des violences dans leur pays d’origine ainsi que sur la route migratoire. Un rescapé débarqué à Dakar a raconté aux équipes de MSF avoir été battu par un passeur et des hommes non identifiés pour le contraindre à payer davantage pour la traversée. Une rescapée a témoigné auprès de notre équipe que le passeur avait encaissé le paiement de la traversée puis l’avait violée avant de l’embarquer.
« Lorsque des personnes empruntent une route de 2 000 kilomètres, actuellement la plus meurtrière au monde, c’est qu’elles fuient une situation bien pire », a déclaré Dalil Adji, chef de mission de la force opérationnelle migration de MSF en Afrique de l’Ouest.
« Les personnes que nous soutenons nous confient fréquemment avoir emprunté cette route pour échapper à la violence et aux conditions de vie extrêmes dans leur pays d’origine, pour finalement se retrouver confrontées à une violence encore plus grande en chemin. Nous appelons les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et d’Europe à prévenir ce lourd tribut humain en mettant en place des voies d’accès sûres et légales permettant aux personnes de trouver refuge, et en élaborant une réponse migratoire qui privilégie la vie humaine, la dignité et une assistance rapide. »
En plus de fournir une aide médicale d’urgence, les équipes MSF ont orienté les cas graves vers des soins médicaux spécialisés et ont fourni aux survivants de l’eau et de la nourriture, des couvertures, des kits de dignité et des soins d’urgence en santé mentale.
Depuis 2024, les équipes MSF assistent les personnes qui débarquent des bateaux en détresse sur la route de l’Atlantique. Depuis le lancement du projet, les équipes MSF témoignent du bilan humain croissant de cette route migratoire et du niveau de vulnérabilité de ceux qui l’empruntent. Malgré les dangers évidents, les gens continuent à emprunter cette voie risquée faute d’alternatives.